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Conférence organisée par les étudiants de L2 économie


2018 01 22 Conference BAD 2

 

 

Lundi 22 janvier 2018, la Banque Africaine de Développement (BAD) à Abidjan recevait Madame Ouided BOUCHAMAOUI, prix Nobel de la Paix 2015, dans le cadre d’une conférence ayant pour thème « Coopération Africaine, rêve ou réalité ».  Cette conférence s’inscrit dans le cadre du programme des Éminents Conférenciers initié par la BAD et a pour objectif principal de fournir une plate-forme pour l’échange de connaissances sur les défis et les options possibles pour renforcer la coopération entre les pays africains.

 

Monsieur Victor OLADOKUN (Directeur de la communication et des relations extérieures de la BAD) et  Monsieur Célestin MONGA (chef économiste et vice-président, gouvernance économique et gestion du savoir) étaient aussi présents à la table de conférence.

Divers chefs de missions diplomatiques en Côte d’Ivoire, des représentants d’agences et de coopération, des membres du personnel de la BAD, ainsi que d’un vaste contingent d’étudiants au premier rang desquels les étudiants de Master du CERAP/IDDH ont pu participer à cette rencontre.

 Victor OLADOKUN a présenté  le brillant  parcours de la conférencière. Titulaire de deux maîtrises, en commerce et en sciences juridiques, Ouided BOUCHAMAOUI a très vite hérité des qualités entrepreneuriales de son père, ce qui l’a conduit à la tête d’une grande entreprise qui ne cesse de prospérer.  D’origine tunisienne, elle est la première femme élue à la tête de l’Union tunisienne de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat (UTICA). En 2013, alors que son pays rencontrait des difficultés politiques, elle prend l’initiative de mettre sur pied une cellule de réflexion qui avait pour mission d’organiser des négociations entre les partis politiques tunisiens afin d’assurer le succès de la transition politique tunisienne. Cette cellule, connue sous le nom de Quartet du dialogue national tunisien, était composée de l’UTICA qu’elle dirigeait, de l’Union générale tunisienne du travail, de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme et de l’Ordre tunisien des avocats. Cette mission fut un grand succès reconnu au plan mondial, ce qui a valu le Prix Nobel de la Paix en 2015.

 

Madame Ouided BOUCHAMAOUI s’est dit heureuse d’être présente pour la première fois en Côte d’Ivoire. Elle a commencé son propos par  un constat : « l’Afrique est un continent avec une démographie hors norme. Les statistiques indiquent que plus de 75% de sa population a moins de 25 ans. Cela représente un grand potentiel qui, malheureusement, reste sous-exploité. Les économies africaines sont en pleine mutation et affichent des taux de croissance les plus élevés dans le monde. Tous les regards sont aujourd’hui dirigés vers l’Afrique qui est considérée comme le nouvel eldorado. Mais malheureusement l’Afrique ne se voit pas comme on la voit de l’extérieur. La coopération entre les pays africains reste faible comparée aux pays européens par exemple. Face aux nouveaux défis de la mondialisation, il est nécessaire, voire urgent, de repenser les liens entre nos pays. Il faut nous unir davantage afin de construire les bases d’une coopération solide et efficace. »

Mme Ouided BOUCHAMAOUI a insisté sur l’importance de pouvoir s’auto-évaluer le plus objectivement possible. C’est seulement ainsi que l’on pourra maîtriser notre identité dans un monde où les medias font trop la désinformation.

 

2018 01 22 Conference BAD 1

 

Pour pallier à toutes ces difficultés, qui mettent à mal la coopération sud-sud, Mme BOUCHAMAOUI  propose aux États africains d’orienter en priorité leurs actions en faveur de la recherche, de la formation des jeunes, de la culture ainsi que du digital. En effet, aucun pays ne peut bâtir sa stratégie de développement en ignorant le secteur de l’éducation. Il faut donc garantir à tous les citoyens, sans exception, l’accès à une formation de qualité, adaptée au contexte du continent africain. Pour se faire, il faut favoriser la coopération universitaire afin de s’inspirer de modèles réussis de systèmes d’éducation. Par ailleurs, il faudrait encourager la création d’un réseau africain de chercheurs et lui allouer un budget conséquent de sorte à développer des produits et services « MADE IN AFRICA » capables d’être  compétitifs sur le marché mondial. Car, selon  Mme BOUCHAMAOUI, « créer pour l’Afrique c’est bien mais créer par l’Afrique c’est encore mieux ». Enfin, il est indéniable que le digital constitue un véritable gisement de croissance et de productivité. Il faut donc que les pays africains prennent conscience de l’ampleur du numérique pour amorcer une transition de nos économies vers le digital.

 

En guise de conclusion, Mme BOUCHAMAOUI a réaffirmé que «  toutes les solutions évoquées ci-dessus ne peuvent se réaliser si nous ne supprimons  pas une barrière de méfiance entre nos peuples. Il faut donc apprendre à mieux se connaître et à se faire confiance. Cela passe par la culture qui est, selon moi, l’élément fondamental du rapprochement des pays africains ».

Dans le temps d’échange qui a suivi, les questions des participants étaient variées : questions d’actualité sur la politique de développement de la BAD, questions sur la monnaie unique ou encore sur la coopération universitaire.

La rencontre a pris fin avec un moment d'échanges et de convivialité autour d'un cocktail.