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2018 03 ONU FEMMES Bouna 2

Dans la poursuite du programme de formation des acteurs locaux ciblés par le projet ONU Femmes*, Madame OUADAN Marie-Louise, Directrice administrative du CERAP et Monsieur GADÉ Charles se sont rendus à Bouna du 24 février au 1er mars 2018. Le but était d’accompagner l’ONG ARK, partenaire local du projet, dans la formation des femmes médiatrices de cette localité.

 

Après un travail de préparation entre l’équipe du CERAP et les formatrices d’ARK, l’atelier de formation s’est ouvert le mardi 27 février avec 18 femmes médiatrices issues de différentes associations féminines opérant à Bouna. Un représentant du Ministère de la Femme et de la protection de l’enfant était également présent.

 

 

Après une phase introductive, un pré-test a été proposé aux participants avant la projection d’un film illustrant l’implication des femmes dans les instances de gouvernance. Les participantes ont noté, qu’à l’image du film, les femmes sont très en marge des mécanismes de gouvernance. Elles ont déduit que les femmes ne sont pas prêtes à occuper les rôles au sein de la société et qu’il faut par conséquent une sensibilisation de masse pour changer les mentalités – d’abord au niveau des femmes et ensuite de la société dans son ensemble.

 

 

Les premiers modules de la première journée furent dédiés aux droits de la femme et au genre.

 

2018 03 ONU FEMMES Bouna 3Plusieurs points ont fait l’objet de débats :

- le droit à l’héritage pour la femme : à Bouna, les femmes ont droit à l’héritage mais à des proportions différentes par rapport aux hommes à cause de la tradition et de la religion. Les hommes seraient donc plus avantagés dans la redistribution du patrimoine familial.

- le mariage précoce : à Bouna, le mariage précoce se pratique toujours. Les raisons mises en avant par les défenseurs de cette pratique seraient la préservation des jeunes filles des grossesses précoces, des maladies transmissibles et du déshonneur.

- le droit de vote des femmes : à Bouna, le vote des femmes est beaucoup influencé par leurs époux ainsi que leurs communautés d’appartenance. Les communautés procèderaient par divers moyens de pression pour obliger les femmes à voter selon leurs désidératas (par exemple : ramener à la maison les bulletins des candidats pour lesquels elles n’ont pas voté, prendre en photo son bulletin de vote avant de l’introduire dans l’urne…).

- les mutilations génitales : les mutilations génitales se pratiqueraient toujours à Bouna mais dans la clandestinité. Elles se pratiqueraient surtout sur les filles lorsqu’elles sont encore bébé pour éviter tout soupçon.

 

 

Des ateliers en groupes ont ensuite permis de poursuivre les échanges sur :

- les facteurs ayant contribués à augmenter le nombre des femmes au sein de l’Assemblée nationale en Côte d’Ivoire ; le poids de ces femmes à l’hémicycle et leur influence sur les processus électoraux en Côte d’Ivoire ;

- les conséquences de la déscolarisation des jeunes filles à partir d’une étude de cas pratique ;

- une lecture comparée des dispositions anciennes et nouvelles sur le mariage en Côte d’Ivoire ;

- le droit à l’héritage de la femme à partir d’une étude de cas pratique.

 

 

2018 03 ONU FEMMES Bouna 4Dans le module dédié au genre, la formatrice a expliqué la différence entre le sexe et le genre. D’une part, le sexe en tant que donnée biologique attribuée à l’homme ou à la femme et qui les prédispose naturellement à certains rôles tels l’allaitement, la grossesse, la fécondation… D’autre part, le genre comme construction sociale à partir de laquelle la société confine les individus à des rôles et fonctions sociales. La formatrice a attiré l’attention des participantes sur l’importance de dissocier les rôles liés au sexe et ceux liés au genre. Pour parvenir à l’égalité des genres, il faudrait tenir compte des spécificités de chaque sexe et construire la société et les règles sociales en fonction, tout en s’assurant que les besoins de chacune et chacun soient pris en compte.

Tout en s’appuyant sur leurs propres expériences, les participantes ont partagé comment elles aussi à Bouna sont confinées dans des rôles sociaux que la tradition et la religion leur imposent.

 

 

Un autre module était consacré aux mécanismes traditionnels et modernes de prévention des conflits et l’implication des femmes dans ces mécanismes. À partir d’une présentation de la résolution 1325 de l’ONU, des obstacles à la participation des femmes dans les mécanismes de prévention de conflits ont été diagnostiqués à partir d’exemples à Bouna. Le cas des associations de femmes a été aussi mis au centre des débats. Sur ce point, il a été relevé que les femmes elles-mêmes s’auto excluent de ces processus à travers un manque d’initiatives et une mentalité de dépendance qu’elles développent.

 

D’autres mécanismes tels que le système d’alerte précoce (mécanisme qui consiste à anticiper le processus d’escalade du conflit dans le but d’en prévenir le déclanchement ou l’aggravation) ou la médiation ont aussi été présentés. Là encore, des exemples pratiques en lien avec le contexte social de Bouna ont été partagés.

Après une phase théorique, les participantes ont pu faire une mise en scène de médiation à partir d’un cas de conflit interpersonnel. Le debriefing a permis aux formatrices d’approfondir les éléments non-compris.

 

Le dernier jour de l’atelier a permis de revenir sur les différents modules présentés et compléter les exemples et explications. Tous les participants ainsi que les formateurs sont repartis très satisfaits du travail accompli.

 

 

*Projet ONU Femmes : «  Encadrement des partenaires et appui aux formations du projet ONU Femmes sur le rôle et la participation des femmes dans la prévention de conflits, la création de la paix et la mise en réseau de mécanismes d’alerte précoce en Côte d’Ivoire »